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Éducation et richesse des nations (Sciences Humaines)


- PICON Dorothée, “Éducation et richesse des nations”, Sciences Humaines n°205, juin 2009, pp. 18-23.

Ce dossier se fonde principalement sur des résultats de recherches en « économie de l’éducation », discipline née dans les années 1960.

L’éducation, combien ça coûte ? (p. 18)
En 2007, la dépense moyenne par élève s’élevait à 5350€ dans le primaire, 8870€ dans le secondaire et 10150€ dans le supérieur. Cette même année, la dépense intérieure d’éducation représentait 6,6% du PIB français.
Depuis les années 1990 le « part de la richesse consacrée à l’éducation est en baisse constante » ; en 2005, la France était dans la moyenne des pays de l’OCDE.
En France, les dépenses intérieures d’éducation sont réparties entre l’État, les collectivités territoriales, les autres administrations publiques, la CAF, les entreprises, les ménages. L’État et les collectivités territoriales représentent 67%.
Les conditions d’accueil et l’encadrement (scolarisation en maternelle, effectifs, taux d’encadrement) : des améliorations depuis les années 1970 et une stagnation dans le premier degré depuis 2002/2003. En 2006, la France était en bas du classement de l’OCDE pour la taille des classes. Dégradation récente de certains indicateurs, ainsi le taux de scolarisation à 18 ans progresse de 1985 à 1995 jusqu’à 85%, puis diminution à 80%. En 2006, la France est 2ème pour la durée de scolarisation du classement de l’OCDE.

L’éducation favorise-t-elle la croissance ? (p. 19)
En théorie oui (« augmentation de la valeur du travail de l’individu davantage formé, mesuré par l’accroissement de son salaire brut »), dans les faits le lien n’est pas toujours perceptible.
Des travaux économétriques font apparaître une « relation entre niveau d’éducation et croissance » ; un lien entre « qualité de l’éducation […] et croissance » (lié à une meilleure capacité d’adaptation).
L’éducation « produit également des externalités positives » (avantages non mesurables par le marché).

L’éducation c’est la santé (p. 21)
Un encart détaille ces externalités positives. Corrélation entre le niveau d’éducation et : la santé des populations et l’espérance de vie ; la criminalité ; la participation aux élections…

Étudier plus pour gagner plus (pp. 20-21)
Des études montrent une corrélation entre le niveau de salaire et le niveau d’études. « Le gain relatif d’une année d’études supplémentaire est le plus élevé au niveau primaire et dans les pays les moins développés ».
Il y aurait une corrélation entre le retard scolaire et un salaire inférieur à la moyenne (de 9% en début de carrière) et une corrélation forte entre niveau d’étude et taux d’emploi (quelque soit l’âge).

Augmenter les dépenses améliore-t-il les performances ? (p. 21)
Résultat des différentes études ambigus. La forte corrélation entre l’origine sociale des élèves et la réussite scolaire biaise les autres études. Les ressources des écoles à moins d’influence sur la réussite scolaire que le contexte familial.
Les études ne montrent pas de lien manifeste entre les dépenses et les performances en raison de l’existence de facteurs plus déterminants qui biaisent les études.

Est-on efficace parce qu’on a des diplômes, ou l’inverse ? (p. 22)
La théorie du capital humain de G. Becker voit l’éducation comme un investissement (plus on dépense pour son éducation, plus on aura de revenu) et implique l’idée que plus on est formé, plus on est efficace (donc bien payé).
La théorie du signal de M. Spencer dit que le niveau d’éducation est un indicateur (signal) des dons et de l’efficacité d’un individu : ces « indicateurs de talents » sont alors valorisés par les employeurs. Mais le « talent » existait avant le passage dans le système éducatif.

Faut-il réduire la taille des classes ? (p. 22)
Certaines études montrent un impact faible sur les performances scolaires de la diminution de la taille des classes. Une étude française montrerait une corrélation inverse (petits effectifs - résultats faibles).
T. Piketty explique cela par l’existence d’un biais (les petites classes sont surtout dans les zones défavorisées). Il montre que une réduction significative de la taille des classes implique une amélioration sensible des résultats scolaires.

La concurrence public/privé améliore-t-elle le niveau général ? (p. 23)
Les études qui comparent le public et le privé donne l’avantage au privé mais les publics sont différents.
Une étude américaine sur des élèves d’origine sociale modeste montre que leurs résultats sont semblables dans le public comme dans le privé.
Cas du Chili, après 20 ans d’une mise en concurrence massive privé/public : inscription dans le public a diminué mais reste majoritaire ; le niveau moyen (privé/public confondus) des élèves est resté stable ; accroissement des inégalités entre écoles privées et publiques ; dégradation du niveau des écoles publiques.
La mise en concurrence « ne produit pas d’effet clairement positifs sur le niveau général d’éducation ».

Éducation et richesse des nations (Sciences Humaines)
  • Éducation et richesse des nations (Sciences Humaines)
  • mardi 26 mai 2009
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